Principaux développements depuis mars 1999 : le Niger
n'a pas encore présenté son rapport Article 7, attendu depuis le
27 février 2000. Les accords de paix signés en 1998
appelaient au déminage dans les régions du Nord mais aucun
enlèvement de mines n'aurait eu lieu jusqu'à
présent.
Le Niger a signé le Traité d'Interdiction des Mines le 4
décembre 1997 et l'a ratifié le 23 mars 1999. Le traité
est entré en vigueur au Niger le 1 septembre 1999. Le Niger n'a
entrepris aucune mesure d'application nationale. Il n'a pas encore
présenté son rapport Article 7, attendu depuis le 27
février 2000. En janvier 2000, un porte-parole du Ministère des
Affaires Étrangères a rapporté à l'Observatoire des
Mines que le Ministère des Affaires Étrangères avait
envoyé le formulaire du rapport à la section d'Études
Stratégiques du Ministère de la Défense pour qu'il soit
complété et que le rapport serait présenté dans les
délais[1].
Le Niger a participé à la Première Conférence des
États Parties (FMSP) à Maputo, en mai 1999, avec une
délégation de représentants des Ministères de la
Défense et des Affaires Étrangères. Il n'a assisté
à aucune réunion intersessionnelle du traité à
Genève en 1999 et 2000. Alors que le Niger avait appuyé en 1996,
1997 et 1998 les résolutions de l'Assemblée
Générale des Nations Unies, il était absent du vote sur la
résolution de l'Assembée Générale en appui au
traité, le 1 décembre 1999.
Le Niger n'est pas partie au Protocole II amendé de la Convention sur
les Armes Conventionnelles, ni membre de la Conférence sur le
Désarmement.
Si le Niger n'est pas connu pour avoir jamais produit ni exporté de
mines antipersonnel, il semble que ses forces armées détienne un
stock de mines antipersonnel. Le gouvernement n'a pas fourni d'information sur
la quantité ou le type de mines détenues en stock.
Si la situation politique du Niger s'est quelque peu stabilisée en
décembre 1999 lors de l'investiture d'un nouveau gouvernement, des
acteurs non-étatiques continuent à être actifs dans le Nord
et l'Est du pays, notamment les rebelles Touareg et Toubou. Des mines
antipersonnel auraient été utilisées par le passé
tant par les forces armées nigériennes que par les rebelles. Bien
qu'il y ait eu de nouvelles victimes de mines non enlevées,
l'Observatoire des Mines n'a pas pu établir si elles avaient
été provoquées par des mines posées en 1999 et 2000
ou par des mines déposées avant cette époque. Selon l'ONG
Democracy 2000, les Forces Armées Révolutionnaires du
Sahara (comprenant les rebelles FARS et Toubou) auraient posé des mines
pour protéger leurs bases dans les montagnes Aïr dans les
régions du Nord et du Centre du pays et dans la région du
Ténéré du désert saharien [2].
Les accords de paix signés avec la rébellion FARS et Toubou
à N'Djamena en 1998 incluaient des approvisionnements pour le
déminage des régions Nord du Niger affectées par les
mines, mais aucun enlèvement de mines n'aurait encore eu lieu. Le Niger
n'est pas seulement affecté par les mines depuis un récent
conflit armé mais également par des dépôts de mines
datant de la Seconde Guerre Mondiale.
Les Forces Armées nigériennes auraient atteint un record de
victimes de mines en 1999 mais les détails exacts ne sont pas encore
publiquement disponibles. Democracy 2000 a rapporté à
l'Observatoire des Mines que cinq personnes auraient été
mutilées par des mines antipersonnel et soignées à la
garnison militaire Gamkallé à Niamey, et qu'un camion civil
aurait été touché par une mine antipersonnel près
de la frontière libyenne, provoquant la mort d'au moins trois personnes
[3].
[1] Entretien avec Ado El Hadj Abou, Chef de
la Division pour les Nations Unies et les Conférences Internationales,
Ministère des Affaires Étrangères, 19 janvier 2000.
[2] Entretien avec Ali Sékou Maina,
Directeur de Programmes, Democracy 2000, Niamey, 10 mars 2000.