Développements clé depuis mai 2000: Comme mesure
d’application nationale du Traité d’interdiction des mines
antipersonnel (plus loin : « Traité
d’interdiction » ou « Traité »), le
Burkina Faso a proposé un projet de décret, prévoyant les
sanctions pénales en cas de violation. Le 4 décembre 2000 le
Burkina Faso a soumis au Secrétaire des Nations Unies le rapport de
transparence dû en vertu de l’article 7 du Traité
d’interdiction.
Politique d’interdiction des mines antipersonnel
Le Burkina Faso a signé le Traité
d’interdiction le 3 décembre 1997 et l’a ratifié le 16
septembre 1998, devenant ainsi le 40ème État à ratifier et
permettant ainsi l’entrée en vigueur du Traité au
1er mars 1999, date à laquelle le Burkina Faso devenait
également État partie au Traité.
Le 10 janvier 2001 le Conseil des Ministres a déclaré
officiellement à propos des mines antipersonnel que “le Burkina
Faso [...] envisage de s’investir résolument dans la lutte contre
ce fléau.” [1] Lors du Conseil des Ministres
hebdomadaire du 4 avril 2001, le Ministre de la Sécurité a
annoncé l’adoption d’un projet de décret portant sur
l’interdiction totale des mines antipersonnel sur le territoire
national.[2] Les sanctions prévues en cas de
violation sont de un à cinq ans d’emprisonnement et / ou
d’une amende FCFA 300,000 à 1,500,000. Le projet de décret
stipule explicitement que les mines anti-véhicule équipées
d’un dispositif anti-manipulation ne sont pas couvertes par ces
dispositions.[4] Le Ministre de la Sécurité,
le Ministre de la Défense et le Ministre de la Justice et de la Promotion
des Doits de l’Homme seront chargé de l’application du
décret. [5]
En vertu de l’article 7 du Traité d’interdiction le
Burkina Faso était tenu de soumettre un rapport de transparence
respectivement pour les 28 août 1999, 30 avril 2000 et 30 avril 2001. Un
seul rapport a été soumis au 4 décembre 2000 et couvre
l’année 2000. Le rapport est néant sauf pour la partie
“formulaire A” qui fournit des informations sur la loi autorisant la
ratification de Traité. [6] Le rapport de
transparence suivant serait prêt depuis le mois d’avril 2001 mais
n’a pas été envoyé car il serait soumis à une
révision après l’adoption du décret.
[7]
Malgré les délais du Burkina pour la remise des rapports de
transparence, le Burkina Faso a coprésidé avec la Belgique, lors
du Séminaire sur l’universalisation et l’application du
Traité d’interdiction tenue à Bamako, Mali, les 15 et 16
février 2001, l’atelier sur la rédaction des rapports
nationaux. A cette occasion le Burkina Faso s’est officiellement offert
comme point de contact en la matière pour tout pays
intéressé. [8]
Le Burkina Faso a assisté à la deuxième
conférence des Etats parties en septembre 2000, ainsi qu’aux
comités intersessionnels de décembre 2000 et mai 2001. Le Burkina
Faso a voté en faveur de la résolution de l’Assemblée
générale des Nations Unies 55/33v en novembre 2000, qui vise
à encourager l’application effective du Traité
d’interdiction.
Le Burkina Faso n’est pas parties à la Convention sur les Armes
Classiques. Il a toutefois assisté en qualité d’observateur
à la première conférence annuelle des Etats Parties au
Protocole II révisé de la Convention en décembre 2000.
Production, transfert, stockage, utilisation
Le Burkina Faso n’a pas produit ou
exporté de mines antipersonnel. Les autorités gouvernementales et
militaires ont réaffirmé que le pays n’a jamais
utilisé de mines antipersonnel. [9]
En 2000 l’Observatoire des Mines avait rapporté que le Burkina
Faso détenait apparemment un stock restreint de mines antipersonnel
inertes aux fins de formation militaire. [10] Aucun
détail sur la nature ou la quantité de ce stock n’a
été obtenu et le rapport “article 7” n’en fait
pas mention. Le projet de décret permet explicitement de posséder
ou transférer un maximum de 500 mines antipersonnel à des fins de
formation militaire. [11]
Selon un membre du Ministère de la Défense, chaque soldat de
l’Armée du Burkina Faso reçoit une formation de base sur les
mines antipersonnel. Seules “quelques dizaines de personnes”, les
sapeurs, possèdent des qualifications et une expertise plus
poussée en la matière. [12]
Action contre les mines antipersonnel
Le territoire du Burkina Faso n’est pas
affecté par les mines antipersonnel.. Le Burkina Faso n’est
impliqué dans aucun programme de déminage ou de sensibilisation et
n’a engagé ni reçu aucune contribution financière
dans le cadre de programmes d’action contre les mines.
[1] “Compte rendu du Conseil des Ministres du
mercredi 10 Janvier 2001”, quotidien Sidwaya No. 4179, 11 Janvier
2001, p. 2. [2] “Compte rendu du Conseil des Ministres du
mercredi 4 Avril 2001” , quotidien Sidwaya No. 4236, 5 Avril 2001
p. 2. [3] <www.oanda com>, cours du change du 4 avril
2001. [4] Projet de décret portant interdiction des mines
antipersonnel au Burkina Faso, “Décret No. 2001 -
/PRES/PM/SECU”, Titre I, Article 2. [5] Projet de décret portant interdiction des mines
antipersonnel au Burkina Faso, “Décret No. 2001 -
/PRES/PM/SECU”, Titre III, Article 10. [6] Rapport de transparence “Article 7”,
soumis le 4 décembre 2000 pour l’année calendrier 2000.
[7] Entretien avec un employé du Ministère
des Affaires Etrangères, Ouagadougou, 24 avril 2001. [8] Séminaire de Bamako, Conclusions
opérationnelles présentées par le Mali, 2.3.7.
Rédaction des rapports nationaux, Bamako, Mali, 16 Février
2001. [9] Entretien avec Maxime Yabre, Ministère des
Affaires Etrangères, et Lt-Col Harouna Ouedraogo, Chef de Cabinet,
Ministère de la Défense, Ouagadougou, 9 janvier 2001. [10]Landmine Monitor Report 2000, p. 45. [11] Projet de décret portant interdiction des
mines antipersonnel au Burkina Faso, “Decret No. 2001 -
/PRES/PM/SECU”, Titre I, Article 3. [12] Entretien avec Lt-Col Harouna Ouedraogo, Chef de
Cabinet, Ministère de la Défense, Ouagadougou,, 30 mars 2001.